Les chemins
Il n’a pas toujours existé de chemins pour les pèlerins au sens strict du terme, mais plutôt des itinéraires qu’empruntaient des voyageurs et les commerçants, utilisés aussi par les pèlerins. En effet, des routes commerciales et ponts furent aménagés par les rois de Navarre et de León afin de faciliter les échanges entre l’Espagne du Nord et la France, ce qui profita en fin de compte aussi aux pèlerins se rendant à Compostelle.
Ces routes ont été recensées pour la première fois dans le Guide du pèlerin de Saint-Jacques- de-Compostelle: dernier des cinq livres du Codex Calixtinus, c’est un manuscrit en latin compilé au XIIe siècle par Aimery Picaud, un moine poitevin. Il apporte des informations pratiques sur les routes menant à Compostelle, les itinéraires à suivre (ou à éviter), les gîtes, les lieux incontournables, les saints locaux ... En 1938, ce guide fut traduit du latin (Iter pro peregrinis ad Compostel) par Jeanne Vielliard.
Les quatre principales routes de pèlerinages menant à Saint-Jacques-de-Compostelle en France partent de Paris, Vézelay, du Puy-en-Velay et d’Arles. Chacune d’entre elle comporte une multitude de chemins dits secondaires.
- La Via Turonensis: route de Tours, dite aussi de Paris
- La Via Lemovicensis: route de Vézelay, dite de Limoges
- La Via Podiensis: route du Puy-en-Velay, dite de Clermont
- La Via Tolosa : route de Toulouse, dite aussi d'Arles
Par exemple, au début de la route de Paris, des chemins venant des Pays-Bas convergent en amont, tandis que d’autres partent de Caen, du Mont-Saint-Michel, pour la rejoindre à des points intermédiaires à Tours, Poitiers, Saint-Jean-d’Angély ou Bordeaux en aval (ports maritimes d’arrivée des pèlerins provenant d’Angleterre, de Bretagne ou de Normandie).
La route du Puy fait office de lien avec la vallée du Rhône, les routes venant d’Italie passant par Arles. Les trois routes occidentales convergent à Ostabat, en traversant les Pyrénées par le col de Roncevaux, tandis que la route orientale d’Arles emprunte le col du Somport. Elles se rejoignent en Espagne à Puente la Reina et forme enfin le fameux « El camino frances ». On estime la longueur totale des chemins en France à 5 000km.
Ce pèlerinage engendra un patrimoine matériel et immatériel inestimable, dont une partie subsiste aujourd'hui, ou pas : confréries, hostellerie, auberges, ponts, architecture romane et gothique (sculptures, fresques, vitraux), calvaires, chants et danses … Cependant, il est une chose qu'on ne peut quantifier : c'est le renouveau spirituel apporté par la marche vers « le champ de l'étoile ».