L'année sainte compostellane
Chaque fois que la fête de saint Jacques (25 juillet) tombe un dimanche, une "année sainte compostellane" est proclamée par l'Église catholique d'une part, et par tous les acteurs reliés au pèlerinage de Compostelle d'autre part. Cette tradition remonterait au début du XIIe siècle, depuis le pontificat du Pape Calixte II. On l'appelle aussi "année jacquaire". Son appellation fait référence aux pèlerins de Compostelle, surnommés les "jacquets", ce qui signifie littéralement "celui qui se rend à Compostelle".
L'année sainte compostellane est marquée par la possibilité d'obtenir l'indulgence plénière, c'est-à-dire la "remise entière de la peine due au péché, celle-ci n'excluant pas la réception du sacrement de réconciliation", selon la définition de l'Église catholique. Pour ce faire, il faut accomplir certains actes de piété.Néanmoins, c'est avant tout la démarche de pèlerinage qui est salutaire, dans la mesure où le fidèle accomplit un effort physique et spirituel qui le fait sortir de son confort habituel et moderne afin de redécouvrir la simplicité et l'humilité nécessaires à sa foi. C'est cette démarche là qui est surtout saluée par l'Église.
A cette occasion, en la cathédrale de Compostelle, est célébrée une liturgie spécifique marquée notamment par la présence du "botafumeiro" c'est un encensoir immense de 80 kg utilisé durant le culte. Il est pendu à une corde, elle-même accrochée au sommet du transept, puis il est balancé à l'instar d'un pendule en accroissant au fur et à mesure son oscillation. Il est élevé à 21 mètres par huit hommes ("tiraboleiros") qui vont ensuite le lâcher dans le transept, formant alors un arc de 65 mètres en passant à 60 km/h environ près des fidèles.